Maisons d’enfants : une nouvelle organisation pour mieux accompagner les jeunes au sein de la Fondation Cognacq-Jay
Maison d’enfants Haute Savoie
Publié le
Un changement structurel majeur pour l’accueil des enfants
Fin 2025, la Maison d’enfants de Seine-et-Marne a quitté son bâtiment historique de Samoreau, lieu chargé d’histoire qui a accueilli plusieurs générations d’enfants. Cette évolution marque une transformation profonde du modèle d’accueil.
L’internat traditionnel laisse désormais place à un dispositif réparti sur plusieurs villas situées à Avon et dans l’agglomération du Pays de Fontainebleau. Ce choix s’inscrit dans une évolution plus large déjà engagée par la Maison d’enfants de Haute-Savoie, elle aussi organisée en unités de vie à taille humaine.
L’objectif est clair : proposer un accompagnement plus proche des besoins des enfants, des familles et des professionnels.
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Des villas à taille humaine au cœur des territoires
La nouvelle organisation repose sur des unités de vie plus petites et plus intégrées dans leur environnement.
En Seine-et-Marne, une trentaine de jeunes vivent désormais dans cinq villas réparties à proximité des centres-villes, complétées par une villa accueillant des adolescents, ainsi qu’une dizaine de studios et deux appartements partagés dédiés à la semi-autonomie.
Chaque villa accueille en moyenne six enfants, encadrés par une équipe composée de professionnels éducatifs et d’accompagnement au quotidien. Une organisation pensée pour favoriser la stabilité, la proximité et un cadre de vie plus lisible pour les jeunes.
« Une trentaine de jeunes de l’internat habitent désormais dans cinq petites maisons, proches des centres-villes. Elles sont beaucoup plus accessibles aux transports en commun qu’auparavant. »
Les structures sont implantées à une distance de dix à vingt-cinq minutes les unes des autres, facilitant les déplacements et l’ancrage dans la vie locale.
Une logique d’accompagnement plus individualisée
Ce changement d’organisation permet de renforcer la prise en charge individualisée des enfants.
La répartition en petites unités facilite un accompagnement plus fin des parcours, notamment en tenant compte des besoins spécifiques liés à l’âge, aux situations familiales ou aux fratries.
« Dans ce type de villas, les jeunes sont répartis par tranches d’âge, ce qui correspond à leurs besoins spécifiques. »
Les équipes veillent notamment à maintenir les liens entre frères et sœurs lorsque cela est possible, tout en adaptant la vie quotidienne aux besoins de chacun.
Dans ce nouveau modèle, les professionnels assurent également directement les visites des parents en présence d’un tiers, une évolution qui permet une meilleure compréhension globale des situations familiales et des besoins des enfants.
« Cela nous permet de mieux accompagner les familles, grâce à une vision à 360 degrés sur la situation des enfants, leur traumas et leurs attachements. »
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Une organisation pensée pour le lien social et l’ancrage local
L’un des objectifs forts de cette transformation est l’intégration des jeunes dans leur environnement de vie.
La proximité des villas avec les centres urbains facilite l’accès aux établissements scolaires, aux transports et aux activités associatives. Les enfants peuvent ainsi plus facilement participer à la vie locale, qu’il s’agisse d’aide aux devoirs, d’activités sportives ou d’associations de quartier.
« L’un des enjeux majeurs est que les jeunes soient le mieux possible intégrés à la vie de leur quartier. »
— Armel Villard
Cette logique d’ouverture vise à éviter l’isolement institutionnel et à renforcer les repères du quotidien.
Une évolution également engagée en Haute-Savoie
La Maison d’enfants de Haute-Savoie s’inscrit dans une dynamique similaire avec une organisation déjà structurée en villas et en unités de vie.
Elle développe également des dispositifs innovants, comme un accueil de jour encadré par des professionnels, destiné à accompagner les enfants déscolarisés ou en situation particulière, en individuel ou en groupe.
« Notre nouvel accueil de jour repose sur des professionnels qui prennent en charge, individuellement ou collectivement, les enfants déscolarisés. »
— Armel Villard
Ce fonctionnement repose sur une approche globale de l’accompagnement, intégrant à la fois la vie quotidienne, le soutien éducatif et les besoins spécifiques des enfants.
La formation des professionnels au cœur du dispositif
La transformation des maisons d’enfants s’accompagne aussi d’une évolution des pratiques professionnelles.
À la Maison d’enfants de Haute-Savoie, un dispositif de formation de pairs à pairs a été mis en place autour des “connaissances socles” en protection de l’enfance.
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« Sa particularité est d’être un dispositif de pairs à pairs : ce sont des professionnels qui forment d’autres professionnels. »
Ce modèle repose sur des professionnels formés pour transmettre eux-mêmes leurs compétences à leurs collègues, dans une logique d’apprentissage interne.
Après une première phase de formation initiale par des intervenants externes, des sessions internes ont été déployées et ont déjà permis de former plus d’une centaine de professionnels depuis 2023.
Le dispositif continue d’évoluer, notamment grâce à des partenariats avec des structures spécialisées dans les questions de parentalité et d’attachement.
Une transformation progressive et structurante
Cette nouvelle organisation des maisons d’enfants s’inscrit dans une dynamique de long terme visant à adapter les modes d’accueil aux besoins actuels des enfants et des familles.
Elle repose sur des unités plus petites, un accompagnement plus individualisé et une meilleure intégration dans le tissu local, tout en renforçant les compétences des professionnels.
À travers ces évolutions, la Fondation Cognacq-Jay confirme sa volonté d’inventer des modes d’accompagnement plus proches, plus souples et plus adaptés aux réalités des parcours de vie des enfants.